Dommage que tu sois mort

Publié le par Louis VADMEET

Hervé : Louis ! Louis ! Papa ! (Plus fort) PAPA ! T'es où ?


Louis : Je suis mort.


Hervé : Oh Papa, non !!?


Louis : Si si, j'ai cassé ma pipe ! J'ai passé l'arme à gauche ! Je bouffe les pissenlits par la racine ! Décédé, inhumé, mort ! Je suis parti rejoindre ma Belle... Tu sais, comme dans la chanson de Brabra !


Hervé : J'essayais de te joindre depuis 10 jours et ça ne répondait jamais.


Louis : Evidemment... Dis-donc mon gars. Tu es entrain de composer un dialogue sur mon blog là, n'est-ce pas ?


Hervé : Oui Papa.


Louis : Tu me fais donc parler avec tes propres mots ?


Hervé : Oui Papa.


Louis : Dans ce cas, je vais en profiter pour dire quelques petites choses qui me tiennent à coeur.


Hervé : Très bonne idée mon Papa. Profite de l'occasion. Je ne vais plus être très loquace pour ma part car j'ai envie de pleurer. Ne t'étonne pas si je ne suis pas très bavard.


Louis : Je comprends, ne t'inquiète pas. Bon, donc. Louis Vadmeet est un pseudonyme que j'ai créé il y a plusieurs décennies. Mon vrai prénom est ROBERT et c'était aussi le prénom de mon père. Mes proches m'appelaient de différentes façons : Papa, Papi, Roro, Le gars Robert ou Dada ou Dave ou Bob.


Hervé : Oui Papa...


Robert : A présent que je ne suis plus là pour te dire quoi mettre sur ce blog et dans quel ordre; maintenant que je ne vais plus pouvoir choisir moi-même mes poèmes, mes tableaux et mes photos, il va falloir que quelqu'un s'en charge à ma place. Sauf si "Dans les Hautes Herbes" s'arrête avec moi...


Hervé : Oh non, oh non, je veux que ça continue Papa.


Robert : Alors tu verras avec ton frère ! Je vous fais confiance les Gars ! Vous avez mes deux grand cahiers, vous avez mes peintures et mes diapos. Vous pouvez me faire un beau blog.


Hervé : Depuis un an, c'était un bonheur de travailler avec toi à ce projet Papa.


Robert : Pour moi aussi Hervé. Et je profite que tu me fais m'exprimer ici pour remercier de nouveau toutes celles et tous ceux qui sont venus faire un petit tour dans mon web-jardin. Vos commentaires m'ont fait chaud au coeur. Et cerise sur le gâteau, un de mes poèmes a été appris et récité par les enfants d'une école maternelle alsacienne. Merci, merci, merci...


Hervé : Merci à toi Papa. Ton Oeuvre (Oui, oui, on peut parler d'Oeuvre, sans conteste !) est un cadeau que tu nous laisses.


Robert : Puis-je te dire un extrait d'un de mes derniers poèmes ? Un qui est inédit...


Hervé : Bien sûr ! Tu es chez toi ici !


Robert : Mon texte s'appelle "Central Parc". Je l'ai écrit le mois dernier. J'y vais :

 

 

« J’écoute le chant des merles radieux !

J’écoute les pigeons roucouler joyeux !

Mais quel est donc ce lieu ?

Puis c’est gazouillis de moineaux,

Puis c’est un pinson au chant très haut !

Mais où suis-je donc mes agneaux ?

Et c’est le cri de divers petits oiseaux !

De temps en temps un corbeau croasse ;

Il est vite remis à sa place,

Par des chanteurs plus raffinés,

Qui font ainsi leur pied de nez !

Où sommes-nous ?

Où sommes-nous ?

Dans un grand parc aux essences variées,

Arbres et fleurs en quantités !

Parties bien ombragées

Par sapins souvent âgés,

Où il fait bon s’abriter,

S’il y a soleil en quantité ! »

 

Hervé : Merci Papa. C'est très beau. Les oiseaux, les arbres... Ton Eden ?


Robert : Central Parc !.. Bon, il faut se dire Adieu.


Hervé : ...


Robert : Ne pleurs pas mon garçon, ne pleurs pas.


Hervé : C'est trop dur Papa !


Robert : Je sais mais c'est ainsi. Relis mes poésies. Tu trouveras ici ou là, cachés au gré des strophes, des petites idées sans importance sur la vie, la mort, tout ça. J'étais parfois un peu prêcheur, parfois un peu philosophe, parfois humoriste, parfois écologiste, souvent amoureux. Sers-toi de ce que Maman et moi t'avons laissé et va dans la suite de ta vie majestueusement ! Pareil pour Frédéric et vos femmes et vos enfants et ceux qui Aiment.


Hervé : J'vais essayer Papa. Je t'aime.


Papa : Moi aussi je t'aime. Embrasse-bien tout le monde pour moi.


Hervé : Rassure-toi, j'y manquerai pas.


Papa : Je dois y aller là. Je t'embrasse.


Hervé : Au revoir Papa. Je continue le blog de toutes façons.


Robert : Oui, merci beaucoup. Grosses Bises.

Publié dans Une Oeuvre

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Elisabeth de Hautségur 07/10/2010 15:18


Hervé, c'est bouleversant! N'hésite pas à dialoguer encore avec ton père : cela fait du bien. Je le fais avec ma mère.
Je suis très émue. Je t'embrasse de tout coeur. Elisabeth.
Je pense que nous nous sommes rencontrés grâce à Ophélie et je n'ai pas pu parler directement à ton père mais je suis sûre qu'il m'entend.


Ophélie Conan 29/08/2010 22:40


Si ton père nous regarde, Hervé, il a bien dû se marrer en voyant paraître ce délicieux petit dialogue qui, je suis bien d'accord avec Mégane, nargue la mort. Mais n'est-ce pas le propre de l'art
et de la poésie que de narguer la mort qui nous attend tous. Bon courage et à bientôt. Ophélie


Mégane 22/08/2010 11:40


Bravo à vous Hervé, je n'ose imaginer à quel point il a dû être difficile d'écrire ce petit dialogue. Il m'a en tout cas fait sourire, c'est exactement ainsi que ça aurait pu se passer je pense
!
Le poème est superbe, comme toujours. Plein de fraicheur et agréable.

Merci de continuer le blog, de cette façon votre père continue de vivre à travers ses textes, quoi de plus beau pour un poète que de narguer la mort ? Je continuerais de passer aussi régulièrement
possible, je suppose que beaucoup d'autres feront de même (qu'ils postent un commentaire à chaque fois ou pas)

Mes camarades et moi vous envoyons tout notre soutien, tous le monde n'a pas osé poster (et n'a sans doute pas su quoi dire...) d'après ce que j'ai su. La nouvelle a semé la désolation sur nos
forums mais ils me chargent de vous présenter leurs plus sincères condoléances et leur remerciement pour le plaisir qu'ils ont à lire les créations de votre père.
Courage à toute votre famille, à bientôt dans un prochain article.